La voiture n’a pas disparu des priorités des automobilistes européens. Elle reste même difficile à remplacer pour une large majorité d’entre eux. Mais son coût pèse désormais suffisamment lourd pour modifier les déplacements, retarder le renouvellement des véhicules et favoriser l’occasion. C’est l’un des principaux enseignements du sondage OpinionWay pour AramisAuto réalisé en avril 2026 auprès de 7 036 automobilistes dans sept pays européens.

Ce que montre l’enquête : en 2026, le problème des automobilistes européens n’est pas simplement de choisir entre voiture, transports collectifs ou mobilités douces. Ils doivent surtout concilier une forte dépendance à l’automobile avec un coût de mobilité jugé de plus en plus difficile à supporter. 95 % considèrent que se déplacer coûte de plus en plus cher, tandis que 88 % déclarent qu’ils ne pourraient pas se déplacer comme ils le souhaitent sans voiture. Cette tension pousse déjà une partie importante d’entre eux à modifier ses comportements.

Pourquoi le coût de la mobilité est-il devenu central ?

Le constat est presque unanime : 95 % des 7 036 automobilistes interrogés estiment que se déplacer coûte de plus en plus cher. La perception traverse les frontières : elle atteint 96 % en France, 93 % au Royaume-Uni, 95 % en Allemagne et en Belgique, 96 % en Autriche et en Espagne, et 98 % en Italie.

95 %

des automobilistes européens interrogés considèrent que se déplacer coûte de plus en plus cher.

La hausse ressentie ne se limite pas au prix payé aujourd’hui. 95 % des répondants pensent également que les tensions internationales auront un impact durable sur le prix du carburant. La mobilité automobile est donc perçue comme exposée à une contrainte économique appelée à durer, et non comme une difficulté uniquement ponctuelle.

Cette pression atteint directement le budget des ménages. À l’échelle européenne, 56 % des personnes interrogées déclarent que leur voiture constitue leur poste de dépense le plus important. Parallèlement, 80 % considèrent que posséder une voiture individuelle est devenu un luxe.

Il faut toutefois interpréter ces chiffres comme des perceptions déclarées. Le sondage ne mesure pas les dépenses automobiles réelles des foyers et ne permet donc pas d’établir le poids comptable exact de la voiture dans leur budget.

La voiture est-elle toujours indispensable aux Européens ?

Oui, pour une très large majorité des automobilistes interrogés. 88 % déclarent que, sans voiture, ils ne pourraient pas se déplacer comme ils le souhaitent. Le chiffre atteint notamment 91 % en France et en Italie, 90 % en Allemagne et en Autriche, 89 % en Belgique, 85 % au Royaume-Uni et 80 % en Espagne.

Cette donnée est essentielle pour comprendre les autres résultats. La hausse des coûts ne conduit pas simplement les automobilistes à abandonner leur voiture : elle les oblige à chercher des compromis pour continuer à disposer d’une mobilité automobile tout en dépensant moins.

Un paradoxe au cœur de la mobilité européenne : 80 % des automobilistes interrogés considèrent la voiture individuelle comme un luxe, mais 88 % déclarent ne pas pouvoir se déplacer comme ils le souhaitent sans elle. Le véhicule apparaît donc simultanément comme coûteux et difficilement substituable.

La situation française illustre particulièrement ce paradoxe. 86 % des automobilistes français interrogés considèrent que posséder une voiture est devenu un luxe, alors que 91 % disent ne pas pouvoir se déplacer comme ils le souhaitent sans automobile.

Comment les automobilistes réduisent-ils leurs dépenses de mobilité ?

La première réaction consiste moins à changer immédiatement de technologie qu’à réduire ou modifier les déplacements. Face aux contraintes financières, 64 % des automobilistes européens interrogés déclarent avoir récemment réduit la fréquence de leurs déplacements non essentiels. 54 % disent utiliser davantage la marche ou le vélo.

Pratiques récemment adoptées en raison de contraintes financières
Comportement déclaré Part des automobilistes européens
Réduire les déplacements non essentiels 64 %
Utiliser davantage la marche ou le vélo 54 %
Renoncer à changer de voiture 38 %
Utiliser davantage les transports en commun 36 %
Décaler les entretiens et réparations non urgents 30 %
Adopter une motorisation électrique ou hybride 21 %
Changer de voiture 15 %
Adopter une motorisation alternative plus économique 14 %
Opter pour le covoiturage 13 %

Ces résultats montrent une hiérarchie assez nette. Lorsque le budget se tend, les ajustements les plus fréquents portent d’abord sur l’usage : supprimer certains trajets, marcher davantage ou utiliser le vélo. Le remplacement du véhicule ou le changement de motorisation arrivent beaucoup plus loin.

Le renoncement au renouvellement automobile est également significatif : 38 % des automobilistes européens déclarent avoir récemment renoncé à changer de voiture en raison de contraintes financières. En France, cette proportion atteint 44 %.

Un autre résultat mérite attention : 30 % des Européens interrogés indiquent avoir décalé des entretiens ou réparations non urgents. L’étude constate ce comportement, mais ne permet pas d’en déduire l’état mécanique des véhicules concernés ni ses éventuelles conséquences.

Quelle motorisation les Européens choisiraient-ils s’ils achetaient une voiture demain ?

La transition vers les motorisations électrifiées est visible, mais elle ne se résume pas au véhicule 100 % électrique. Si les personnes interrogées devaient acheter une voiture demain, 60 % choisiraient une motorisation électrique ou hybride, contre 36 % une motorisation thermique.

60 %

des automobilistes européens opteraient pour une voiture électrique ou hybride s’ils devaient acheter un véhicule demain.

Dans le détail, les intentions se répartissent entre 21 % pour l’électrique, 24 % pour l’hybride rechargeable et 15 % pour l’hybride non rechargeable. Du côté des motorisations thermiques, 27 % choisiraient l’essence et 9 % le diesel. Les carburants alternatifs représentent 4 %.

Le terme « électrification » doit donc être employé avec précision : seul un automobiliste européen interrogé sur cinq choisirait un véhicule entièrement électrique. La majorité des intentions classées dans le groupe « électrique ou hybride » repose en réalité sur différentes formes d’hybridation.

Les préférences sont-elles identiques dans tous les pays ?

Non. Le graphique de la page 88 montre des écarts importants. La part des automobilistes envisageant une motorisation électrique ou hybride atteint 70 % en Espagne et 66 % en Italie. Elle est de 63 % au Royaume-Uni, 60 % en France, 56 % en Allemagne, 54 % en Belgique et 50 % en Autriche.

Le véhicule 100 % électrique ne domine d’ailleurs pas partout. Il recueille 31 % des intentions au Royaume-Uni et 28 % en Allemagne, mais seulement 19 % en France et en Autriche, 17 % en Belgique, 16 % en Italie et 15 % en Espagne.

Ces résultats suggèrent donc une transition automobile européenne à plusieurs vitesses, dans laquelle l’hybride joue un rôle majeur.

Pourquoi l’occasion devient-elle une réponse centrale au coût de la voiture ?

Les données françaises disponibles dans l’étude apportent un éclairage particulièrement concret. Lorsqu’OpinionWay demande aux automobilistes français quelles solutions ils seraient prêts à envisager pour financer l’utilisation quotidienne d’une voiture, 94 % citent au moins une solution. La plus largement acceptée est l’achat d’une voiture d’occasion, avec 73 % de réponses positives.

Viennent ensuite les aides de l’État, envisagées par 65 % des automobilistes français, puis le crédit bancaire à 51 %. L’achat d’une voiture électrique recueille 41 %, devant la LOA ou le leasing et le crédit proposé par un constructeur, tous deux à 38 %. La location longue durée est envisagée par 32 %.

En France, l’occasion apparaît comme le premier levier d’accessibilité automobile : 73 % des répondants seraient prêts à acheter un véhicule d’occasion pour pouvoir financer leur mobilité quotidienne, contre 41 % qui envisageraient l’achat d’une voiture électrique.

L’âge joue également un rôle. L’achat d’occasion est envisagé par 77 % des 18-24 ans, 77 % des 25-34 ans et 77 % des 35-49 ans interrogés en France, contre 62 % des 65 ans et plus. Les jeunes sont aussi davantage disposés à envisager le leasing, le partage ou l’autopartage.

Ces résultats ne signifient pas que 73 % des Français achèteront effectivement une voiture d’occasion. La question mesure une disposition déclarée à envisager cette solution, et non un comportement d’achat observé.

La transition vers l’électrique est-elle réellement engagée ?

Le sondage montre une situation plus nuancée qu’une opposition entre thermique et électrique. Les motorisations électrifiées réunissent 60 % des intentions européennes d’achat hypothétique, mais l’électrique seul n’en représente que 21 %.

Dans le même temps, seuls 21 % des automobilistes interrogés déclarent avoir récemment adopté une motorisation plus écologique — électrique ou hybride — en raison de contraintes financières. La modification des déplacements est donc beaucoup plus fréquente que le remplacement du véhicule par une motorisation électrifiée.

L’enquête révèle par ailleurs une attitude favorable au maintien d’une liberté de choix entre motorisations. Interrogés sur le renoncement à l’interdiction de la vente de voitures neuves thermiques à partir de 2035, 61 % des automobilistes européens considèrent cette décision comme une bonne chose, contre 32 % qui la jugent mauvaise.

Le soutien varie fortement selon les pays : il atteint 75 % au Royaume-Uni, 62 % en Allemagne, 61 % en Espagne, 60 % en Italie, 58 % en Autriche, 56 % en France et 53 % en Belgique.

Ces réponses ne permettent pas de conclure à un rejet de l’électrique. Elles coexistent justement avec une majorité d’intentions d’achat en faveur de l’électrique ou de l’hybride. Elles indiquent plutôt que l’électrification envisagée par les automobilistes ne s’accompagne pas nécessairement d’un souhait de disparition rapide des motorisations thermiques.

Que révèle plus particulièrement la situation française ?

La France cumule plusieurs caractéristiques fortes. 96 % des automobilistes français interrogés pensent que les déplacements coûtent de plus en plus cher, 91 % déclarent avoir besoin de leur voiture pour se déplacer comme ils le souhaitent et 86 % estiment que posséder une voiture est devenu un luxe.

La contrainte financière a déjà des conséquences concrètes : 76 % des répondants français déclarent avoir réduit leurs déplacements non essentiels, 54 % utilisent davantage les mobilités douces, 44 % ont renoncé à changer de voiture et 34 % ont différé des entretiens ou réparations non urgents.

Si un achat devait avoir lieu demain, 60 % des automobilistes français interrogés opteraient pour une motorisation électrique ou hybride : 19 % électrique, 25 % hybride rechargeable et 16 % hybride non rechargeable. 35 % choisiraient encore une motorisation thermique, dont 22 % essence et 13 % diesel.

La transition apparaît également liée aux ressources économiques. En France, 66 % des répondants appartenant aux foyers à revenus élevés choisiraient une motorisation électrique ou hybride, contre 49 % parmi les foyers à bas revenus.

Ce résultat ne permet pas d’affirmer que le revenu est la cause directe de cette différence, mais il met en évidence une association importante entre niveau de revenus et motorisation envisagée dans l’échantillon français.

Ce que les résultats permettent de comprendre :

La transition automobile européenne ne se résume pas à un remplacement progressif du thermique par l’électrique. Les données dessinent plutôt une mobilité sous arbitrage permanent : les automobilistes cherchent d’abord à réduire leurs déplacements et leurs dépenses, retardent parfois le renouvellement de leur voiture, considèrent massivement l’occasion en France et se tournent vers un ensemble de motorisations électrifiées où l’hybride occupe une place importante. L’enjeu d’accessibilité économique apparaît ainsi indissociable de la transition technologique.

Comment interpréter correctement cette enquête ?

Le sondage OpinionWay pour AramisAuto a été réalisé auprès de 7 036 automobilistes âgés de 18 ans et plus, issus d’un échantillon total de 9 000 personnes réparties entre la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, l’Italie et l’Espagne. Les interviews ont été réalisées en ligne du 14 au 23 avril 2026. Les échantillons ont été constitués selon la méthode des quotas, notamment en fonction du sexe, de l’âge, de la catégorie socioprofessionnelle ou du revenu, de la région et de la catégorie d’agglomération.

OpinionWay précise que les résultats doivent être lus en tenant compte de marges d’incertitude allant de 0,5 à 1,2 point pour un échantillon d’environ 7 000 répondants et de 1,4 à 3,1 points pour un échantillon de 1 000 répondants.

Il s’agit d’un sondage déclaratif transversal, et non d’une étude expérimentale ou d’un suivi des comportements réels. Lorsqu’un répondant affirme qu’il choisirait une voiture électrique, qu’il serait prêt à acheter d’occasion ou qu’il utilise davantage le vélo, le sondage mesure sa réponse au questionnaire. Il ne permet pas de vérifier un achat futur ou de mesurer directement ses déplacements.

Les différences entre pays doivent également être interprétées dans leur contexte. L’étude établit des écarts entre les réponses, mais elle ne démontre pas à elle seule les causes économiques, réglementaires, culturelles ou géographiques de ces différences.

Questions fréquentes sur les attentes des automobilistes européens en 2026

Les Européens veulent-ils encore utiliser une voiture ?

Parmi les automobilistes interrogés, 88 % déclarent qu’ils ne pourraient pas se déplacer comme ils le souhaitent sans voiture. Le véhicule reste donc difficilement substituable pour une large majorité de l’échantillon.

Les Européens choisiraient-ils majoritairement une voiture électrique ?

Pas une voiture 100 % électrique. Si un achat devait avoir lieu demain, 60 % choisiraient une motorisation électrique ou hybride, mais seulement 21 % opteraient pour l’électrique. Les hybrides rechargeable et non rechargeable représentent respectivement 24 % et 15 %.

Quelle est la principale conséquence de la hausse du coût de la mobilité ?

La réduction des déplacements arrive en tête : 64 % des automobilistes européens interrogés déclarent avoir récemment réduit leurs déplacements non essentiels en raison de contraintes financières. 54 % utilisent davantage la marche ou le vélo.

Les Français sont-ils prêts à acheter une voiture d’occasion ?

73 % des automobilistes français interrogés déclarent qu’ils seraient prêts à acheter une voiture d’occasion pour pouvoir financer leur mobilité quotidienne. C’est la solution la plus largement envisagée parmi celles testées dans cette partie du questionnaire.

Ce qu’il faut retenir

  • 95 % des automobilistes européens interrogés considèrent que se déplacer coûte de plus en plus cher.
  • 88 % déclarent qu’ils ne pourraient pas se déplacer comme ils le souhaitent sans voiture, tandis que 80 % estiment que posséder une voiture est devenu un luxe.
  • Face aux contraintes financières, 64 % réduisent leurs déplacements non essentiels et 54 % utilisent davantage la marche ou le vélo.
  • Si un achat devait avoir lieu demain, 60 % choisiraient une motorisation électrique ou hybride, mais seulement 21 % un véhicule entièrement électrique.
  • En France, 73 % seraient prêts à envisager l’occasion pour financer leur mobilité automobile quotidienne.

Étude source

Titre : Les attentes des Européens en matière de mobilité

Auteur de l’enquête : OpinionWay pour AramisAuto

Publication : Rapport d’étude OpinionWay pour AramisAuto

Année : mai 2026

Population étudiée : automobilistes âgés de 18 ans et plus en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Autriche, en Belgique, en Italie et en Espagne.

Taille de l’échantillon : 7 036 automobilistes issus d’un échantillon de 9 000 personnes.

Type d’étude : sondage quantitatif par questionnaire auto-administré en ligne (CAWI), échantillons constitués selon la méthode des quotas.

Période d’enquête : du 14 au 23 avril 2026.

DOI : aucun DOI indiqué dans le rapport.