
Le système de refroidissement représente l’un des circuits les plus essentiels pour la santé de votre moteur. Une défaillance de ce système peut entraîner des dommages irréversibles coûtant plusieurs milliers d’euros en réparations. Chaque année, des milliers de véhicules subissent des pannes majeures directement liées à des fuites de liquide de refroidissement non détectées à temps. La température d’un moteur en fonctionnement peut dépasser 2000°C dans les chambres de combustion, et c’est précisément le liquide de refroidissement qui maintient l’ensemble du bloc moteur à une température optimale d’environ 90°C. Lorsqu’une fuite survient, même minime, l’équilibre thermique est rompu et les conséquences peuvent être désastreuses. Détecter rapidement une fuite nécessite d’observer certains symptômes caractéristiques et de procéder à des vérifications méthodiques que tout conducteur peut effectuer.
Symptômes visuels d’une fuite de liquide de refroidissement sous le véhicule
L’inspection visuelle sous votre véhicule constitue souvent la première méthode pour identifier une fuite de liquide de refroidissement. Cette approche simple mais efficace permet de repérer rapidement les signes évidents d’une défaillance du circuit. Contrairement à d’autres fluides automobiles, le liquide de refroidissement présente des caractéristiques visuelles distinctives qui facilitent son identification. Une inspection régulière de l’emplacement de stationnement habituel révèle souvent les premiers indices d’un problème naissant. Les fuites peuvent varier en intensité, allant de simples suintements laissant des traces humides à des écoulements plus importants formant des flaques visibles.
Identification des taches de couleur caractéristiques : vert, orange ou rose
Le liquide de refroidissement se distingue par ses couleurs vives et caractéristiques qui varient selon les fabricants et les technologies utilisées. Les teintes les plus courantes incluent le vert fluorescent, l’orange vif, le rose, le rouge ou même le bleu selon les formulations. Cette coloration intense n’est pas anodine : elle permet justement d’identifier rapidement le liquide en cas de fuite. Lorsque vous constatez une tache colorée sous votre véhicule, observez sa texture et sa consistance. Le liquide de refroidissement frais présente une texture légèrement visqueuse et dégage une odeur sucrée caractéristique due à la présence d’éthylène glycol ou de propylène glycol. Cette odeur distincte constitue un indice supplémentaire pour confirmer la nature du fluide. Pour faciliter la détection, placez un carton ou une feuille de papier blanc sous le moteur après le stationnement : les taches de couleur apparaîtront clairement sur le fond clair.
Localisation des zones de fuite : radiateur, durites et pompe à eau
Les fuites de liquide de refroidissement surviennent généralement au niveau de points précis du circuit. Le radiateur, positionné à l’avant du véhicule, représente une zone particulièrement vulnérable aux impacts de graviers et aux phénomènes de corrosion. Les durites, ces tuyaux flexibles qui acheminent le liquide, constituent également des points faibles : la chaleur constante les fait durcir et fissurer avec le temps. La pompe à eau, élément mécanique essentiel à la circulation du liquide, peut développer des fuites au niveau de son joint d’étanchéité. Pour localiser précisément l’origine, garez votre véhicule sur une surface plane et
laissez-le refroidir complètement. Ensuite, munissez-vous d’une lampe torche et suivez visuellement le trajet des durites depuis le radiateur jusqu’au bloc moteur et à la pompe à eau. Les traces de liquide de refroidissement se manifestent souvent par des zones humides, des coulures colorées ou des dépôts blanchâtres autour des colliers de serrage. En observant l’alignement entre la flaque au sol et les éléments situés au-dessus (avant du véhicule pour le radiateur, côté distribution pour la pompe à eau, zone centrale pour certaines durites), vous affinez rapidement la localisation de la fuite. N’hésitez pas à nettoyer sommairement la zone suspecte, puis à refaire tourner le moteur quelques minutes pour voir où le liquide de refroidissement réapparaît.
Différenciation entre liquide de refroidissement et autres fluides automobiles
Lorsqu’une trace apparaît sous votre véhicule, il est essentiel de distinguer le liquide de refroidissement des autres fluides automobiles. L’huile moteur, par exemple, est généralement brune ou noire, épaisse et grasse au toucher. Le liquide de frein et le liquide de direction assistée sont plus clairs, jaunâtres ou transparents, avec une texture très fluide et une forte odeur chimique. À l’inverse, le liquide de refroidissement se reconnaît à sa couleur vive (vert, rose, orange, parfois bleu) et à son odeur sucrée caractéristique.
Autre point de repère : la condensation issue de la climatisation, souvent confondue avec une fuite, est simplement de l’eau claire qui s’évapore rapidement et ne laisse ni tache ni odeur. Si vous hésitez encore, touchez légèrement la flaque avec un chiffon blanc : une tache colorée persistante oriente vers le liquide de refroidissement. Cette différenciation est cruciale, car une fuite de liquide de refroidissement indique un risque direct de surchauffe moteur, alors qu’une simple condensation est totalement normale. En cas de doute, faites toujours vérifier l’origine du fluide par un professionnel pour éviter toute erreur de diagnostic.
Formation de cristaux et résidus secs autour des points de fuite
Lorsque le liquide de refroidissement fuit en petite quantité puis s’évapore au contact des parties chaudes du moteur, il laisse souvent derrière lui des cristaux ou des résidus secs. Ces dépôts prennent la forme de traces blanchâtres, parfois légèrement colorées, qui ressemblent à du calcaire ou à une poudre cristallisée. On les observe fréquemment autour des colliers de durites, sur les ailettes du radiateur, ou à proximité de la pompe à eau et du boîtier thermostat. Plus la fuite est ancienne, plus ces dépôts ont tendance à s’accumuler et à devenir visibles.
Ces cristaux constituent un excellent indice pour détecter une fuite de liquide de refroidissement, même lorsque le moteur est parfaitement sec au moment de l’inspection. En examinant soigneusement les zones suspectes avec une lampe, vous pouvez repérer ces auréoles sèches, signe que du liquide a coulé à cet endroit à répétition. Pensez à passer le doigt sur ces dépôts : s’ils s’effritent facilement et laissent une légère coloration sur la peau, il y a de fortes chances qu’il s’agisse d’anciens écoulements de liquide de refroidissement. Ce repérage par résidus secs est particulièrement utile pour les microfuites, difficiles à voir à l’œil nu lorsque le moteur tourne peu.
Contrôle du niveau de liquide de refroidissement dans le vase d’expansion
Au-delà des symptômes visibles sous le véhicule, le contrôle régulier du vase d’expansion reste l’une des méthodes les plus fiables pour détecter une perte de liquide de refroidissement. Ce réservoir transparent, généralement placé près du radiateur ou du tablier moteur, permet de vérifier en un coup d’œil si le circuit contient suffisamment de liquide. Une baisse progressive et inexpliquée du niveau est souvent le premier signe d’une fuite, même lorsqu’aucune flaque n’apparaît au sol. Surveiller ce niveau fait partie des gestes d’entretien de base pour préserver la longévité de votre moteur.
Lecture des repères MIN et MAX sur le réservoir transparent
Le vase d’expansion est équipé de repères MIN et MAX gravés ou imprimés sur sa paroi. Pour un contrôle fiable du niveau de liquide de refroidissement, assurez-vous que le véhicule est garé à plat et que le moteur est froid. Le niveau doit se situer idéalement entre les deux repères, légèrement en dessous de MAX. S’il atteint à peine la marque MIN ou se trouve en dessous, cela indique soit un manque d’entretien (liquide jamais complété), soit une éventuelle fuite quelque part dans le circuit.
Prenez l’habitude d’observer visuellement ce niveau au moins une fois par mois, ou avant un long trajet. Notez mentalement ou sur un carnet sa position : en cas de baisse notable d’un contrôle à l’autre, vous disposerez d’un indice précieux pour diagnostiquer une fuite de liquide de refroidissement. Contrairement à l’huile moteur, le liquide de refroidissement n’est pas censé se consommer en fonctionnement normal. Toute variation significative mérite donc une investigation.
Fréquence anormale de remplissage du système de refroidissement
Avez-vous remarqué que vous devez rajouter du liquide de refroidissement tous les quinze jours ou chaque mois ? Une telle fréquence de remplissage n’est jamais anodine. Dans un circuit en bon état, un appoint léger tous les 6 à 12 mois peut se justifier par de petites évaporations lors des fortes chaleurs ou après une purge. Mais si vous complétez régulièrement le vase d’expansion et que le niveau retombe rapidement, il y a de fortes chances que votre système présente une fuite.
Cette fuite peut être externe (radiateur, durite, collier desserré) ou interne (joint de culasse, échangeur intégré au collecteur). Dans les deux cas, continuer à simplement « faire l’appoint » sans chercher l’origine du problème revient à remplir un seau percé : vous retardez la panne sans la prévenir. Surveillez donc le volume ajouté à chaque fois : plus vous devez verser de liquide de refroidissement pour revenir au repère MAX, plus la fuite est importante et doit être traitée rapidement.
Vérification à froid versus à chaud du niveau de liquide
Le niveau de liquide de refroidissement varie légèrement selon la température du moteur. À chaud, le liquide se dilate et occupe davantage de volume, ce qui peut faire monter le niveau dans le vase d’expansion jusqu’à la limite haute. À froid, le niveau redescend naturellement. C’est pourquoi la plupart des constructeurs recommandent de vérifier le niveau à froid, moteur éteint depuis au moins deux heures. Ce repère « à froid » constitue la référence pour juger d’une éventuelle fuite de liquide de refroidissement.
Si vous contrôlez tout de même à chaud, ne dévissez jamais le bouchon de radiateur ou de vase d’expansion sous peine de projection de liquide brûlant sous pression. Contentez-vous d’une lecture visuelle à travers le plastique. En comparant régulièrement le niveau à froid sur plusieurs jours, vous pourrez détecter même une faible perte de liquide de refroidissement. En cas de doute, effectuez deux mesures, l’une à chaud et l’autre à froid, sans ouvrir le circuit, afin de bien comprendre le comportement normal de votre système.
Inspection du circuit de refroidissement moteur pour détecter les fuites
Une fois les premiers indices relevés sous le véhicule et dans le vase d’expansion, l’étape suivante consiste à inspecter directement le circuit de refroidissement dans le compartiment moteur. Cette inspection visuelle systématique permet de repérer de nombreuses fuites de liquide de refroidissement sans outil sophistiqué. Comme pour un réseau de plomberie domestique, il s’agit de suivre le trajet du liquide, depuis le radiateur jusqu’au bloc moteur, en passant par les différentes durites, la pompe à eau et le boîtier thermostat. Un éclairage puissant et un peu de patience sont vos meilleurs alliés pour ce diagnostic.
Examen des colliers de serrage et connexions des durites haute et basse
Les durites haute et basse du radiateur constituent des points classiques de fuite de liquide de refroidissement. Avec le temps, le caoutchouc durcit, se fissure, et les colliers de serrage peuvent se desserrer sous l’effet des vibrations. Inspectez chaque extrémité de durite : recherchez des traces d’humidité, des coulures colorées ou des dépôts blanchâtres autour des colliers. Une durite gonflée, craquelée ou ramollie au toucher doit être considérée comme suspecte et à remplacer rapidement.
Assurez-vous également que les colliers de serrage sont bien positionnés derrière les bourrelets de retenue des embouts et qu’ils ne « mordent » pas trop fort dans la durite, ce qui pourrait la sectionner. En cas de fuite légère, un simple resserrage modéré peut parfois suffire à stopper la fuite de liquide de refroidissement, mais ce n’est souvent qu’une solution temporaire. Si la durite présente la moindre faiblesse structurelle, mieux vaut la remplacer pour éviter une rupture brutale en pleine route.
Vérification de l’étanchéité du joint de culasse et symptômes associés
Le joint de culasse assure l’étanchéité entre la culasse et le bloc moteur, en séparant les circuits de lubrification, de combustion et de refroidissement. Lorsqu’il se détériore, la fuite de liquide de refroidissement ne se voit pas toujours à l’extérieur : elle peut se produire directement dans les cylindres ou dans l’huile moteur. Comment repérer ce type de fuite interne ? Plusieurs symptômes doivent vous alerter. Le plus connu est l’apparition d’une « mayonnaise » beige ou jaunâtre sous le bouchon d’huile ou sur la jauge, signe que l’huile se mélange au liquide de refroidissement.
Une fumée blanche épaisse et persistante à l’échappement, surtout à chaud, peut également indiquer que le liquide de refroidissement brûle dans la chambre de combustion. Enfin, la présence de bulles continues dans le vase d’expansion, moteur tournant, laisse penser que des gaz de combustion s’échappent dans le circuit de refroidissement. Pris isolément, ces signes ne constituent pas une preuve absolue de joint de culasse HS, mais leur combinaison justifie un diagnostic approfondi. Ne tardez pas : rouler avec un joint de culasse défaillant peut entraîner une casse moteur très coûteuse.
Contrôle du boîtier thermostat et du calorstat
Le boîtier thermostat (ou boîtier de calorstat) est l’élément qui abrite la valve régulant la circulation du liquide de refroidissement en fonction de la température moteur. Ce boîtier, souvent en plastique ou en aluminium, est traversé par plusieurs durites et muni de joints qui peuvent vieillir et fuir. Inspectez son pourtour : toute trace de liquide, de rouille, de coloration ou de dépôt indique une possible fuite de liquide de refroidissement à ce niveau. Comme ce boîtier se trouve généralement en hauteur sur le moteur, une fuite à cet endroit peut couler le long du bloc et tromper sur son origine.
Un calorstat bloqué fermé ne provoque pas à lui seul une fuite, mais il peut entraîner une surchauffe moteur qui mettra le reste du circuit sous forte contrainte, favorisant l’apparition de fuites sur les zones faibles. À l’inverse, un calorstat bloqué ouvert maintient le moteur trop froid, ce qui modifie les cycles de dilatation et peut, à terme, fragiliser certains joints. Lorsqu’un boîtier thermostat est remplacé, il est conseillé de changer en même temps ses joints et, si nécessaire, les durites qui y sont raccordées pour repartir sur une base saine.
Détection des microfissures sur le radiateur en aluminium ou cuivre
Les radiateurs modernes, souvent en aluminium avec des ailettes très fines, sont particulièrement sensibles aux microfissures et à la corrosion. Ces défauts entraînent des fuites de liquide de refroidissement parfois si minimes qu’elles ne se manifestent qu’à chaud ou sous pression. Pour les repérer, commencez par inspecter visuellement la face avant du radiateur à travers la calandre ou en déposant, si nécessaire, certains caches plastiques. Recherchez des zones anormalement humides, des traces de corrosion verdâtre (sur les radiateurs cuivre) ou blanchâtre (sur l’aluminium), ainsi que des ailettes déformées par un impact.
Un radiateur peut également fuir au niveau de ses soudures ou de ses boîtes latérales en plastique, là où se connectent les durites. Dans ce cas, la fuite de liquide de refroidissement se manifeste souvent par de fines gouttelettes qui apparaissent uniquement moteur chaud. Une astuce consiste à nettoyer soigneusement le radiateur, puis à faire tourner le moteur jusqu’à température normale et à observer si de petites perles de liquide se forment. Pour les microfuites difficiles à voir, l’utilisation d’un colorant fluorescent ou d’un test de pression sera parfois indispensable pour confirmer le diagnostic.
Utilisation d’outils de diagnostic pour localiser une fuite invisible
Malgré une inspection minutieuse, certaines fuites de liquide de refroidissement restent totalement invisibles à l’œil nu. Elles ne se manifestent que sous forte pression, à chaud, ou se produisent à l’intérieur même du moteur. Dans ces situations, les professionnels ont recours à des outils de diagnostic spécifiques qui permettent de mettre le circuit de refroidissement à l’épreuve. Ces techniques, inspirées de celles utilisées en industrie pour tester l’étanchéité des réseaux, rendent souvent visible l’invisible et évitent les erreurs d’interprétation.
Test de pressurisation du circuit avec manomètre professionnel
Le test de pressurisation consiste à remplacer le bouchon du radiateur ou du vase d’expansion par un adaptateur relié à une pompe manuelle équipée d’un manomètre. En pompant, on met le circuit de refroidissement sous une pression proche de celle qu’il atteint en fonctionnement normal, généralement entre 1 et 1,5 bar selon les véhicules. L’objectif est simple : observer si la pression se maintient stable. Si l’aiguille redescend progressivement, c’est le signe qu’une fuite de liquide de refroidissement existe quelque part dans le circuit.
Ce test présente un double avantage. D’une part, il permet de rechercher la fuite moteur froid, en toute sécurité. D’autre part, comme le circuit est sous pression, la moindre fissure ou joint défaillant se mettra à suinter, rendant la fuite visible. Vous pouvez alors inspecter le radiateur, les durites, la pompe à eau, le boîtier thermostat et tous les raccords pour repérer la source de l’écoulement. En atelier, ce type de test dure en moyenne 15 à 30 minutes et constitue souvent l’étape clé pour confirmer une suspicion de fuite de liquide de refroidissement difficile à localiser.
Application de colorant fluorescent UV dans le système de refroidissement
Lorsqu’une fuite demeure ténue ou se produit uniquement en roulant, l’ajout d’un colorant fluorescent spécifique dans le liquide de refroidissement peut faire toute la différence. Le principe est comparable à celui d’un traceur utilisé en plomberie : on verse une petite quantité de colorant compatible dans le vase d’expansion, on fait tourner le moteur pour bien répartir le produit dans tout le circuit, puis on inspecte le moteur à l’aide d’une lampe UV. Sous cette lumière, le colorant réagit et révèle les moindres suintements de liquide par une lueur fluorescente très visible.
Cette méthode est particulièrement efficace pour les microfissures sur le radiateur, les fuites au niveau des joints de boîtiers plastiques, ou encore les petites porosités dans certaines durites. Elle permet aussi de confirmer qu’une fuite de liquide de refroidissement provient bien du circuit principal et non d’un autre fluide. Bien qu’accessible au grand public, ce type de diagnostic reste plus fréquemment utilisé en atelier, où les techniciens disposent du matériel UV adapté et de l’expérience nécessaire pour interpréter correctement les traces observées.
Analyse des gaz d’échappement pour détecter une fuite interne
Lorsque la fuite de liquide de refroidissement se produit à l’intérieur du moteur, par exemple à travers un joint de culasse fissuré, elle laisse des indices dans les gaz d’échappement et dans le vase d’expansion. Les professionnels utilisent alors un outil appelé « testeur de CO₂ » ou testeur de gaz de combustion. Cet appareil analyse la présence de gaz d’échappement dans le circuit de refroidissement en mesurant la composition de l’air au-dessus du liquide dans le vase d’expansion ou le radiateur. La présence de CO₂ en quantité anormale indique que des gaz issus de la combustion passent dans le circuit, ce qui signe quasiment à coup sûr un défaut de joint de culasse.
Ce test, réalisé avec un liquide réactif qui change de couleur en présence de CO₂, permet de trancher entre une fuite externe et une fuite interne lorsque les symptômes restent ambigus. Couplé à d’autres observations (fumée blanche à l’échappement, surchauffe répétée, mayonnaise dans l’huile), il constitue une étape décisive dans le diagnostic. En cas de confirmation de fuite interne de liquide de refroidissement, une réparation lourde sera généralement nécessaire, mais au moins vous éviterez de remplacer inutilement des éléments périphériques comme le radiateur ou les durites.
Signes de dysfonctionnement moteur liés à une fuite de liquide de refroidissement
Une fuite de liquide de refroidissement ne se limite pas à des traces colorées sous le véhicule ou à un niveau qui baisse dans le vase d’expansion. Elle se traduit aussi par des comportements anormaux du moteur lui-même. Surchauffe, fumées suspectes, perte de puissance : autant de signaux d’alerte qui indiquent que le système de refroidissement ne remplit plus correctement son rôle. Ignorer ces signes, c’est un peu comme continuer à courir avec une cheville foulée : vous pouvez tenir encore quelques kilomètres, mais les dégâts risquent d’être beaucoup plus graves ensuite.
Surchauffe moteur et variations anormales de la jauge de température
La surchauffe moteur constitue le symptôme le plus évident d’un manque ou d’une fuite de liquide de refroidissement. Sur le tableau de bord, la jauge de température grimpe vers la zone rouge ou le voyant de surchauffe s’allume. Parfois, l’aiguille oscille de manière anormale, montant rapidement en côte ou dans les embouteillages, puis redescendant à l’accélération. Ces variations traduisent un déséquilibre dans la circulation du liquide, souvent lié à une fuite, à un niveau trop bas ou à la présence de bulles d’air dans le circuit.
Si vous constatez une montée rapide en température, ne poursuivez pas votre route en espérant que « ça redescende ». Coupez le moteur dès que possible en sécurité et laissez-le refroidir. Une seule surchauffe sévère peut suffire à voiler la culasse ou à endommager irrémédiablement le joint de culasse. Dans de nombreux cas, l’analyse de la surchauffe associée à un niveau de liquide en baisse permet de confirmer l’existence d’une fuite de liquide de refroidissement, même si vous n’avez pas encore identifié visuellement son emplacement.
Fumée blanche à l’échappement indiquant une fuite dans la chambre de combustion
Une fumée blanche importante et persistante à l’échappement, surtout lorsque le moteur est chaud, constitue un signe typique d’infiltration de liquide de refroidissement dans les cylindres. Contrairement à la vapeur d’eau légère observée par temps froid au démarrage, cette fumée est épaisse, abondante et peut s’accompagner d’une odeur légèrement sucrée. Ce phénomène indique souvent une fuite de liquide de refroidissement à travers le joint de culasse, une fissure de culasse ou, plus rarement, du bloc moteur.
Pourquoi est-ce si grave ? Parce que le liquide de refroidissement n’a rien à faire dans la chambre de combustion. En brûlant, il altère la lubrification, peut ronger les soupapes et endommager le catalyseur. De plus, la perte de liquide de refroidissement à cet endroit est totalement invisible de l’extérieur. Si vous observez ce type de fumée blanche persistante, surtout associée à une baisse de niveau dans le vase d’expansion, faites immédiatement contrôler votre véhicule. Continuer à rouler dans ces conditions, c’est prendre le risque d’une casse moteur brutale.
Présence d’émulsion huile-liquide de refroidissement sous le bouchon d’huile
Lorsque vous dévissez le bouchon de remplissage d’huile et que vous découvrez une pâte beige, crémeuse, souvent comparée à de la « mayonnaise », il ne s’agit pas d’un simple résidu inoffensif. Cette émulsion résulte du mélange entre l’huile moteur et le liquide de refroidissement, qui ne devraient jamais se rencontrer. Elle indique généralement une fuite interne, le plus souvent au niveau du joint de culasse, mais parfois aussi d’un échangeur thermique défectueux (par exemple sur certains moteurs où huile et liquide circulent à proximité).
Cette « mayonnaise » peut également apparaître sur la jauge d’huile ou sous le couvre-culasse. Elle modifie radicalement les propriétés lubrifiantes de l’huile, ce qui accélère l’usure des paliers, des arbres à cames et des segments. En d’autres termes, une fuite de liquide de refroidissement vers l’huile ne se contente pas de vider le circuit de refroidissement : elle prive aussi le moteur de sa protection contre le frottement. Là encore, un diagnostic rapide est indispensable pour éviter une détérioration irréversible du moteur.
Prévention et maintenance du système de refroidissement automobile
Si la détection d’une fuite de liquide de refroidissement est essentielle, la meilleure approche reste encore de tout mettre en œuvre pour l’éviter. Un système de refroidissement entretenu régulièrement vieillit mieux, résiste davantage aux variations de température et présente moins de risques de fuites soudaines. Un peu comme on entretient un système de chauffage domestique pour prévenir les pannes hivernales, prendre soin de son circuit de refroidissement permet d’éviter les mauvaises surprises au moment où l’on en a le plus besoin.
Adoptez quelques réflexes simples : vérifiez le niveau dans le vase d’expansion, observez de temps en temps le sol sous votre véhicule, surveillez votre jauge de température en conditions difficiles (montées, fortes chaleurs, embouteillages). Respectez également les préconisations du constructeur concernant la vidange et le remplacement du liquide de refroidissement, généralement tous les 4 à 5 ans ou entre 60 000 et 120 000 km selon les modèles. Un liquide fatigué perd ses propriétés anticorrosion et antigel, ce qui favorise à la fois la corrosion interne et les fuites sur les éléments fragilisés.
Enfin, lors des révisions périodiques, demandez un contrôle visuel complet du circuit : état des durites, colliers, radiateur, pompe à eau et boîtier thermostat. Un simple collier remplacé ou une durite vieillissante changée à temps coûtent peu par rapport à un joint de culasse ou à un moteur à remplacer. En restant attentif aux moindres signes (odeur sucrée sous le capot, légère baisse de niveau, petites taches au sol), vous mettez toutes les chances de votre côté pour repérer tôt une éventuelle fuite de liquide de refroidissement et préserver la fiabilité de votre véhicule sur le long terme.